Jamais vu soleil ni lune
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Roman
Traduit de l'italien par Jean-Paul Manganaro
Gallimard, Paris
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Jamais vu soleil ni lune
En quinze chapitres rapides et intenses, "Jamais
vu soleil ni lune" reparcourt l'histoire d'une
communauté paysanne depuis l'époque de
l'occupation allemande jusqu'à aujourd'hui. Sur le
fond d'une guerre perçue comme un affrontement de
hordes primitives, "Jamais vu soleil ni lune" est une
parabole amère et féroce sur une
"civilisation" en train de mourir: la civilisation paysanne.
Et la mort de la civilisation paysanne est "le plus grand
événement de l'histoire, après la
naissance du Christ" (Charles Péguy). La
communauté des bons et des faibles, decimée et
dispersée par le passage des envahisseurs, attend un
demi-siècle pour que justice soit faite, et elle se
rend compte aujourd'hui que même la mémoire des
malheurs qu'elle a subis a été perdue. C'est
sur cet oubli qu'est en train de naître la nouvelle
Europe: le travail caché de l'histoire a rendu les
coupables plus innocents que les victimes.
Avec "Jamais vu soleil ni lune", Ferdinando Camon revient
à ses origines de narrateur, à ce monde
peuplé de "damnés de la terre" qu'il nous
avait dejà fait decouvrir dans ses premiers romans,
"Figure humaine", "La vie éternelle" et
"Apothéose". Trois livres dont la critique a
jugé qu'"ils s'enracinent de manière
exceptionnelle dans la culture des vingt dernières
années" (Geno Pampaloni, ltalie), qu'il s'agit d'un
"sublime work of art" (Raymond Carver, USA), et que l'auteur
est "un Lévi-Strauss ayant prêté sa
plume à Faulkner" (Hector Bianciotti, France). Au
centre de son roman, Ferdinando Camon ne met pas un
personnage individuel, mais une collectivité, sur
laquelle il bâtit l'exemple ultime d'une "narration
chorale" dont il a été l'un des premiers
auteurs en Europe, et dont il reste aujourd'hui le seul.