La maladie humaine
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Roman
Traduit de l'italien par Yves Hersant
Gallimard, Paris
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La maladie humaine
Saignements de nez, intestins noués,
calculs rénaux, vertebres bloquées: le
narrateur est mal en point. C'est pourtant sans complaisance
ni pathos, mais avec acuité et humour, qu'il raconte
ses errances de thérapeute en thérapeute, de
ville en ville, d'hôpital en pharmacie -
jusqu'à sa rencontre avec un psychanalyste, qui sept
ans durant formera avec lui un couple fecond et conflictuel;
jamais cure n'a été décrite par le
patient avec autant de précision et de
drôlerie, avec une attention aussi narquoise aux menus
propos et gestes rituels, aux petites ruses et grandes
souffrances, aux phénomènes de somatisation et
de transfert "pour risquer deux mots qu'on chercherait en
vain dans son récit". Mais non moins lucide et
goguenarde est la description d'une société
elle-même malade, où la famille se
désagrège, où le mâle pâtit
des triomphes du féminisme, où s'effacent
nôtre mère l'Eglise et nôtre père
le Parti.
Plus profondement, c'est l'homme même qui est atteint
d'un mal sans doute inguérissable: "Nous vivons
plongés dans la maladie, et transmettons la maladie
en transmettant la langue: si l'homme est malade de
lui-même, la langue est le virus de sa maladie. Plus
l'homme devient homme et se differencie de l'animal, plus
son mal s'aggrave." Aggravation que auteur analyse, en
référence discrète à Nietzsche,
avec une inquietude d'où constamment jaillit le
rire.